Les couleurs de l'âme-Aube- [Fantastique]
Miambre
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MessageSujet: Les couleurs de l'âme-Aube- [Fantastique]   Mer 4 Juil 2012 - 20:22

Spoiler:
 
Résumé : Opale est une ado de 15 ans seule et mal dans sa peau. Orpheline aux yeux vairons, sa vie est rythmée par les changement de famille d’accueil et son obsession pour la couleur des iris des gens qui l'entourent sans la voir.
Un jour elle décide de fuguer après avoir trouver une lettre l'y incitant. Cependant rien ne se passe comme prévu et Opale se retrouve sur un bateau en direction d'une école pour élèves possédants des capacités parapsychiques, entraînée là par une grand-mère sorti de nul part et persuadée que sa petite fille court un grand danger.
Pourtant l'adolescente découvrira bien vite que ce nouveau départ a un prix et que les intentions de sa grand-mère sont bien plus complexes que le seul fait de protéger sa petite-fille !
Au programme amitié, mystère, dons et plein d'autres trucs passionnants (ne vous fiez pas à ce résumé raté) !



Prologue
Pour la première et dernière fois


La fillette tenait une poupée entre ses mains potelées. Le jouet était barbouillé de feutre et un bambin qui s’était improvisé coiffeur avait définitivement décimé sa chevelure blonde plastique. Mais la petite s’en fichait, elle continuait à jouer tout en marmonnant des mots incompréhensibles.

Elle s’inventait des histoires improbables, son imagination enfantine et naïve l’emportant dans des mondes merveilleux loin de la petite pièce aux murs jaune sale.

Son visage au sourire malicieux et aux joues rondes était encadré par de petites mèches blonde-rousse que des élastiques tenaient difficilement en deux couettes désordonnées. Le tout donnait un ensemble irrésistible, à un détail près.

Souvent on avait un mouvement de recul en découvrant son regard. Loin d’être laids ses yeux étaient … déstabilisant. Dépareillés, bleu pastel à droite et vert tendre à gauche, et dégageant une incroyable aura de maturité malgré son si jeune âge.

Tout en jouant, l’enfant pensait à ses parents. Jamais encore ils ne l’avaient quittée si longtemps et un affreux manque commençait à se faire ressentir.

Ses souvenirs devenaient déjà flous par endroit pour sa jeune mémoire. Les mots étaient encore trop complexes à ses yeux pour qu'ils dominent totalement ses pensées. Dans son esprit chaque chose n'était pas seulement reliée à des termes, mais à un chapelet de sensations bien plus parlantes.

Sa mère se caractérisait par sa voix douce, un parfum de cannelle, l’ébène de sa chevelure, la tiédeur familière d’une paume; et son père par son rire chaud, des effluves indescriptibles mais rassurantes, l’éclat de ses prunelles brunes, des bercements apaisants.

Des larmes roulèrent sur ses joues. Prise de hoquets, la petite gémissait de longues plaintes sans réponse. Les pleurs déformaient son petit visage qui se crispait de douleurs. Entre deux sanglots, elle lançait des appels désespérés.

Puis les yeux rouges de fatigue et de chagrin elle se tut, abandonna la poupée qu’elle tenait toujours dans une de ses mains contractées, se leva du minuscule fauteuil de mousse dans lequel elle était assise et se dirigea vers un ours en peluche dégarni et borgne. Elle s’avança de quelques pas de sa démarche maladroite et se baissa pour attraper le nounours.

Lorsqu’elle se releva et constata avec surprise que le sol était recouvert de feuilles qui se mêlaient à des racines noueuses. Une odeur d’humus flottait dans l’air et un zéphyr venait jouer dans ses cheveux. On pouvait entendre le son d’une chute d’eau. En levant un peu plus la tête elle vit qu’une immense forêt avait remplacé l’étroite pièce jaunâtre.
Ses mouvements étaient moins gauches et le monde lui paraissait moins grand. Pourtant la peur lui tiraillait le ventre.

La fillette avait déjà ressentit cela. Des visions plus ou moins fréquentes avait toujours rythmé sa courte vie. Elles se présentaient sous forme de scènes qu’elle découvrait à travers des yeux qui n’étaient pas les siens En simple spectatrice ne pouvant rien faire d’autre que d’observer les événements sans pouvoir intervenir.

Mais là c’était trop. Elle se sentait déboussolée, abandonnée, livrée à elle-même. Dans un ultime effort elle essaya de fermer les yeux, mais c’était peine perdue. Déjà elle s’enfonçait dans le bois.

La petite voulut pleurer.

Elle courrait à présent.

Elle ne pouvait rien faire, elle était piégée.

Elle s’arrêta finalement au centre d'une clairière et scruta les environs.

Pourquoi cela ne s’arrêtait-il pas ? Elle voulait que ça s’arrête.

Elle sentait sa présence, Il était là, Il l’attendait, elle l’attendait elle aussi.

Elle voulait revoir ses parents.

Elle balaya les buissons du regard.

De toute sa force elle tenta de clore ses paupières.

Elle l'aperçut.

Crie intérieur de détresse.

Le décor s’évanouit peu à peu et la tapisserie couleur moutarde détrôna les feuillages d’émeraude et de jade. L’enfant était assise à même le sol, les yeux clos et le visage humide de souffrance, un ours usé dans une main.


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