A travers tes yeux [réaliste]
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MessageSujet: A travers tes yeux [réaliste]   Dim 23 Juin 2013 - 12:23

Voilà le premier texte que je pose ici. J'attends vos critiques et impressions ici ^^. Merci d'avance !



A travers tes yeux


Prologue



On dit que Rouen est une belle ville avec sa cathédrale, ses tours, les anciennes fondations du château qui a connu la fin de Jeanne d‘Arc… Peut-être que ce qu‘on dit de la ville aux cent clochers est vrai… J’y habite, mais je ne saurais vous le dire. Et pour cause : je suis devenue aveugle suite à une maladie de la cataracte à l’âge de cinq ans. La dernière chose que j’ai vue était le pull rouge de ma mère ainsi que ses boucles de cheveux auburn.
Maintenant ma vie se résume à dépendre des autres, de mon chien ainsi que de ma canne blanche.
Bien sûr, lorsque vous êtes enfant, la cécité vous fait peur. Surtout lorsqu’elle vous tombe dessus sans crier gare. Les médecins ont alors expliqué à mes parents que l’origine de ma cécité était virale. Oui, virale. Ma mère a eu la toxoplasmose lorsqu’elle était enceinte de moi. Notre médecin de famille l’a alors très vite soignée de cette maladie qu’elle avait attrapée en mangeant une viande pas assez cuite. Mais il n’a pas pensé que la maladie pouvait infecter le fœtus que j’étais alors. Ma cécité est très rare, ont dit les médecins sans aucune délicatesse. Mes parents n’en avaient que faire de savoir si leur unique enfant était un cas rare ou non. Mais le bilan est tombé, je serais aveugle, et ce, surement à vie car la cataracte s’opère peut être facilement chez un adulte. Mais pas chez un enfant. Et lorsqu’on est comme moi, se faire opérer à l’âge adulte est risqué.
Mes parents ont alors réhabilité toute la maison, et ont appris à ne rien déplacer sans m’en avertir avant. Quant à moi, j’ai dû apprendre à vivre dans un nouveau monde. Un monde sans couleur, sans forme, et sans profondeur. J’ai également appris à compter tous mes pas pour aller d’un objet à un autre, ou d’une pièce à une autre. Une dame est venue à la maison pour que je sache me servir de ma canne correctement et que je m’adapte bien à ma nouvelle situation. C’est elle qui m’a appris à lire le braille.
Aujourd’hui encore, elle m’aide constamment. Natasha est comme une deuxième mère pour moi.
 En 2005, pour mes dix ans, j’ai eu le droit à un chien guide d’aveugle. Mes parents me l’ont décrit comme étant sable, avec des poils courts. Tout ce que je sais, c’est qu’il m’a libéré d’une dépendance envers mes parents, et qu’il me semble aussi doux qu’une peluche. Cette petite boule de poils, alors âgée de neuf mois, portait déjà un joli nom : Aïcha. Les premiers mois ont été un peu durs, nous devions nous apprivoiser l’une l’autre. Mais sa famille d’accueil avait fait un travail formidable en la dressant, et pour cela je leur serais toujours redevable.
De plus Natasha m’a aidé à mieux comprendre mon chien et à lui faire pleinement confiance. À elle aussi je serais toujours redevable.



Chapitre un


Un jour d’été, alors qu’il faisait chaud dehors, je décidai de sortir. Je devais avoir environ seize ans. J’enfilai mon petit gilet, et pris la laisse d’Aïcha. Je la sentis s’assoir à mes côté, et poser sa patte sur ma cuisse. Après avoir noué le harnais par un geste devenu automatique, je me levai de ma chaise, prévint ma mère et sortis en direction du jardin de l’hôtel de ville.
J’aime ce jardin. C’est un poumon vert au milieu de la ville. Avant que je devienne aveugle, mes parents m’y emmenaient souvent, ce qui fait que je me souviens de son aspect. Je me souviens des couleurs qu’offraient les fleurs au printemps ainsi qu’en été. Je me souviens de la dominante or et des bottes de châtaignes en automne. Je me souviens des vallons enneigés lorsque le froid arrive en hiver. Oui, je m’en souviens… Mais je ne reverrais jamais ces couleurs, je dois me contenter de mes souvenirs qui se font, avec le temps, de moins en moins précis.
Je m’assis sur un banc au soleil, et ferma les yeux. Non pas que j’ai besoin de les fermer pour me concentrer sur tous mes autres sens et ainsi sentir la nature autours de moi, mais je me sens plus libre comme cela. Je sens moins les regards emplis de pitié ou de compassion, et qui sait, peut-être même de dégout.

            « -Je peux m’assoir à côté de vous ? »
Une voix de jeune homme me fit sortir de ma rêverie. Je lui répondis alors :
            «- Je ne sais pas. Y-a-t-il de la place sur le banc ?
            - Je ne suis pas sûr de saisir votre blague mademoiselle… Si vous ouvriez les yeux, vous verriez aussi bien que moi qu’il n’y a personne d’autre que vous sur ce banc. »

En un geste lent, je descellais mes paupières, laissant voir mes yeux morts.

            « Comme vous pouvez le constater monsieur, je ne puis voir si quelqu’un se trouve à mes côté étant donné que je suis aveugle.
            - Veillez m’excuser, je ne le savais pas… Je m’appelle Eden. Et vous ?
            - Maddy. Et s’il vous plait, arrêtez donc de me vouvoyez, je n’ai que seize ans.
            -Nous avons donc le même âge. Connaissez-vous… Euh, je veux dire, connais-tu bien Rouen ? Car vois-tu… Pardon, oublie l’expression utilisée… Je suis nouveau, et je ne connais pas bien la ville. Mais peut-être que tu ne pourras pas me faire visiter…
            -Et pourquoi ne pourrai-je pas te faire visiter la ville ? À cause de mon handicap ? Tu sais, même si je n’y vois plus, je connais encore les routes. C’est même essentiel pour quelqu’un comme moi…
            -Je vois. Alors que dis-tu de me faire visiter ?
            -J’suis partante, il faut juste que je prévienne ma mère. Si elle passe ici et qu’elle ne me voit pas, qui sait ce qu’elle pourrait s’imaginer… »

Je m’écartai et pris mon téléphone.  J’en ai un spécifique, avec des touches en relief. J’appelai donc ma mère pour la prévenir que je quittais le parc pour aller vers la rue du Gros Horloge. Non loin d’être inquiète pour moi, elle me félicita de ma nouvelle rencontre, et me souhaita de passer une bonne après-midi.

            « Viens avec moi. »

En disant cette phrase, je lui tendis la main afin d’être sure qu’Enden me suive bien. Il sembla comprendre ma demande muette car je sentis une main se glisser dans la mienne.
Je ne sais pas pourquoi, mais je me dis que je pouvais lui faire confiance. Je savais, par je ne sais quel miracle qu’il ne me duperait pas.
Je l’emmenai d’une main, et de l’autre, je tenais la laisse d’Aïcha…
Je luis fis visiter la cathédrale. Il me dit que les vitraux étaient superbes.

            «  Peut-être. A vrai dire, je ne m’en souviens plus. Tu sais, je n’ai pas toujours été aveugle. Avant, je voyais. Mais il me semble que cela date d’il y a longtemps. Peut-être était-ce dans une autre vie ?
              - Ça veut dire que tu connais tes couleurs, non ?
              - Bien sûr. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?
              -Bah, je peux te décrire ce que je vois. Les tourbillons de couleurs, les formes, ainsi que les sentiments qui s’en dégagent. Enfin, si tu veux…
              - Mais avec plaisir voyons ! Personne ne m’avait jamais proposé une telle chose. Tu es vraiment intelligent toi ! » Lui dis-je avec un sourire.

Je l’entendis rire, puis me chuchoter un petit merci. Je ne sais pas pourquoi, mais ce simple mot me fit chaud au cœur. C’était la première fois que je ressentis une chose comme cela.
 Durant les visites, je lui expliquais l’histoire des lieux, et lui me décrivait ce qu’il voyait. J’eu presque l’impression de revoir pour la première fois en dix ans. Je lui aurais bien demandé s’il pouvait me décrire son physique, mais je me retins pensant cette demande dépassée. J’aurais pourtant aimé le voir… Mais je ne pouvais que me l’imaginer. Eden… Ce nom me faisait penser au bois qu’il évoque, à sa couleur, ainsi qu’à son aspect.
 Nous passions une très bonne après-midi. Enfin … Je passais une très bonne après-midi ; concernant Eden, je ne sais pas. Mais je pense lui avoir offert une bonne visite du quartier historique de Rouen.

Voilà, voilà... Vos critiques ici

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"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"   Matin Luther King
"l'avenir tu n'as pas à le prévoir, tu as à le permettre" Antoine de Saint Exupéry
 
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