L'amour contre la mort
miissdelphine
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MessageSujet: L'amour contre la mort   Mar 9 Juil 2013 - 13:16

C'est une nouvelle écrite pour un concours de jeunes écrivains au sein de mon collège, il n'y avait pas de sujet, la seule contrainte était le nombre de pages, qui ne devait pas dépasser 10. Malgré mes nombreuses relectures, il reste peut-être encore des fautes, si c'est le cas je m'en excuse par avance.
Pour les critiques c'est par .

L'amour contre la mort


Se réveiller le matin sans doute, sans peur, en sachant que la journée à venir sera parfaite, j'aimerais, j'adorerais, même, que ça m'arrive, seulement, je suis une ado comme les autres, avec les doutes et les peurs qui accompagne ma vie... Tout autour de moi, les gens sont heureux, alors je leur fais croire que moi aussi, j'affiche un sourire sur mon visage, mais au fond de moi, j'ai juste envie de pleurer, de crier, de hurler, de dire aux autres ce que je ressens, mais je me suis promise d'être forte, de ne rien laisser paraître, alors je m'accroche à cet espoir insensé qu'un jour, peut-être, il me verra, il m'aimera, l'espoir insensé que je pourrais être bien, heureuse, que le sourire sur mon visage sera sincère, qu'il ne cachera pas les larmes que je refoule, mais tout ceci n'est qu'un rêve, alors même si c'est ça qui me maintient en vie, qui m'empêche de couler, je sais bien qu'il y a peu de chances que ça arrive.
Seulement, aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres, c'est le 14 février, la Saint Valentin, le jour le plus heureux de l'année pour ceux qui sont en couple, mais le plus triste pour ceux qui sont célibataires malgré eux, malgré leurs sentiments sincères pour des personnes qui ne s'intéressent pas à eux, des célibataires comme moi.
Lorsque mon réveil sonna, j'eus du mal à me lever, car je ne me rappelais que trop bien quel jour nous étions, mais la perspective de la soirée de ce soir chez Diana, ma meilleure amie, avec tous nos amis, me réjouissais et me donna la force de sortir de mon lit et d'aller me préparer. J'optais pour une robe col roulé rouge et des collants opaques noirs, puis je me maquillais, de manière assez légère, pour que ma mère ne râle pas, et je descendais pour aller prendre mon petit déjeuner. Mes parents étaient de bonne humeur (pas étonnant pour un couple le jour de la Saint Valentin) mais ma mère me fit quand même une réflexion sur ma tenue :
«- Tu vas en cours comme ça, me demanda-t-elle.
-Oui, pourquoi ?
-Tu ne trouves pas qu'il fait un peu froid pour sortir habillée de cette manière?
-Mais j'aurais mon manteau, et ma robe est en laine.
-Mais tu vas attraper froid ! Ne viens pas te plaindre si tu tombes malade...
-Laisse la, intervint mon père, c'est la Saint Valentin, elle s'est faite jolie pour plaire aux garçons, comme toutes les ados de 16 ans.
-Ouais, mais quand même... Bon, c'est d'accord pour aujourd'hui mais demain, tu t'habilles plus chaudement, sinon je t'oblige à mettre le pull en laine de ta grand mère, tu sais celui que tu détestes, enchaîna-t-elle.
-T'en fais pas, demain je mettrais un pull, mais certainement pas celui de grand-mère. »
Le message était passé, et je m'installais à table pour prendre mon petit déjeuner. Une vingtaine de minutes plus tard, j'attrapais mon sac, enfilais une paire de bottes à talons et partais en direction de l'arrêt de bus, où je devais retrouver Diana. Dès qu'elle m'aperçut, elle vint vers moi en courant, me reprochant d'avoir mis si longtemps à arriver.
«-Bon, c'est toujours d'accord pour ce soir ? me demanda-t-elle.
-Oui, t'inquiète pas, à la fin des cours je rentre chez moi, je fais mon sac, puis j'arrive chez toi, on prépare tout, et ensuite, on se prépare. D'ailleurs elle est comment ta robe ?
-D'accord, haha mystère et boule de gomme... Tu verras bien ce soir... En tout cas, je l'ai choisie spécialement pour l'occasion, ça fait tellement longtemps qu'on a prévu cette soirée de Saint Valentin. J'espère ne pas être la seule tirée à quatre épingles...
-T'en fais pas pour ça, on sera au moins deux. »
Mais le bus était là, et nous dûmes arrêter de parler car nous ne voulions pas que les autres nous entendent, nous devions être les seules à connaître tous les détails de la soirée. Nous n'étions pas dans la même classe et ne mangions pas à la même heure, je ne la revis donc qu'à la sortie des cours. Je m'asseyais à côté d'elle dans le bus et lui promis de me dépêcher de faire mon sac pour la rejoindre chez elle au plus vite. Arrivées à l'arrêt de bus, nous nous séparâmes et je rentrais chez moi.
Il n'y avait personne, mes parents travaillaient encore et mon frère était en voyage scolaire. J'avalais donc une tartine beurrée, puis prenais le plus grand sac que j'avais pour faire rentrer mon maquillage, mes collants, une tenue pour le lendemain, et laissais ma robe dans la housse car elle était trop grande et trop fragile pour rentrer dans mon sac à main, bien qu'il soit très grand. Je vérifiais que j'avais mon téléphone, mon iPod et mes écouteurs, et me dirigeais vers la maison de Diana .
Nous n’habitions qu'à cinq petites minutes à pied l'une de l'autre. Elle était fille unique et ses parents l'avaient laissée organiser cette fête en lui promettant de partir pour trois jours, pour qu'elle puisse tout préparer et tout ranger sans qu'ils soient là. Ils étaient vraiment très cool, les miens ne m'auraient jamais laisser faire ça.
J'arrivais chez elle et sonnais. Elle m'ouvrit et me dit d'entrer, de poser mes affaires dans sa chambre et de venir l'aider, car il ne nous restait que trois heures pour tout organiser et nous préparer. Cela me paraissait énorme car sa maison était déjà décorée, il ne restait qu'à installer le buffet, mais je l'écoutais et redescendais l'aider à tout préparer.
« -OK, bon, on va mettre les boissons d'un côté et la nourriture de l'autre. Tout est dans le frigo, mais ne sors pas toutes les bouteilles, me dit-elle.
-OK. Y'aura de l'alcool ? demandais-je
-Nan, mes parents avaient trop peur que ça dégénère, et c'est mieux comme ça.
-Oui, je suis d'accord. »
Puis nous nous mîmes au travail. Les bouteilles étaient réparties sur la table de droite et la nourriture sur la table de gauche. Nous avions tout prévu depuis des semaines, cette soirée devait être parfaite. Nous vérifiâmes l'amplificateur, les CD que nous devions passer, puis nous nous mîmes d'accord sur les slows qui passeraient car nous n'étions pas encore certaines de nos choix. Finalement, il fut décidé qu'il y aurait le slow d'Aerosmith, « I don't wanna miss a thing », celui de Scorpions, « Still loving you », et peut-être d'autres, qui étaient déjà sur un CD, si l'ambiance s'y prêtait.
Au bout d'une heure, tout était prêt et nous décidâmes d'aller nous préparer. Nous montâmes dans sa chambre, une vraie chambre d'ado avec des murs bleu pastel, des posters partout, des photos de nous deux, de sa famille, et un bureau encombré de cahiers et de livres. Sur son lit, son ordinateur portable et quelques peluches. Elle avait une salle de bain pour elle où s'entassaient des produits de beauté en tous genres, du mascara au fer à boucler, en passant par les vernis de toutes les couleurs. Dans son armoire, ses habits étaient soigneusement rangés et pliés. Sa robe était accrochée dans la penderie, dans une housse qui m'empêchait de la voir, n'y tenant plus, je lui demandais de me la montrer.
« -Montre ta robe, allez s'il te plaît ! Ça fait tellement longtemps que tu m'en parles !
-Du calme, Laurène, oui je vais te la montrer. »
Et, en disant ça, elle enleva son ordinateur de son lit, le posa sur sa table de chevet et mit la housse sur son lit, puis elle l'ouvrit et me montra la robe. Elle était magnifique. C'était une robe bustier violette, qui moulait ses formes jusqu'à la taille, puis s'évasait. À en juger par la taille j'en déduisis qu'elle devait lui arriver au genoux, avec une fente sur le côté, qui ajoutait une touche sexy.
«-Wahou ! Elle est magnifique ! Essaie la, essaie la !
-Non, pas avant que tu ne m'es montré la tienne »
Je lui montrais donc la mienne. Elle était aussi bustier, d'un bleu profond, qui s'évasait à la taille avec les pans de la robe ramenés sur la hanche, ce qui faisait des ondulations un peu partout et qui donnait l'illusion d'une fente sur le côté. Elle était belle, mais pas autant que celle de Diana.
«-Et tu dis que c'est ma robe qui est magnifique ? s'exclama-t-elle
-Oui, la tienne est plus jolie que la mienne, y'a pas photo, répliquais-je.
-Bien sûre, et je suis la reine d'Angleterre aussi ? »
Nous explosâmes de rire et nous enfilâmes chacune notre robe, puis je la dévisageais. Elle était magnifique, le violet mettait en valeur ses yeux verts et son visage encadré par ses cheveux noirs de geais.
« - Diana, tu ressembles à une princesse, t'es...J'ai même plus les mots.
-Sérieux ? Merci. Toi aussi t'es super belle. Bon, allez, maintenant, séance coiffure et maquillage, il nous reste une heure et demie, alors c'est parti, on sera les plus belles ce soir.
-Tu seras la plus belle, moi je serais juste...ta jolie meilleure amie.
-Ça me va aussi, mais..non, ce sera nous deux, que tu le veuilles ou non.
-Bon, d'accord. On s'y met ?
-Ouais, c'est parti on commence par le maquillage, fais toi une queue de cheval, que t’ais pas tes cheveux dans les yeux. »
Je sortais mon maquillage de mon sac et me dirigeais vers sa salle de bain, où il y avait un grand miroir. Nous prîmes chacune une chaise et nous nous installâmes chacune devant un côté de celui-ci. J'avais des cheveux châtain clair et des yeux d'un joli bleu clair, je choisis donc de mettre du mascara, du far à paupière violet, un tout petit peu de fond de teint et du rouge à lèvres brillant. Diana, elle, opta pour un far à paupière bleu clair, du fond de teint et du rouge à lèvres. Nous étions toutes deux magnifiques, et nous n'étions pas encore coiffées. Je jetais un coup d’œil à la pendule qui était accrochée au mur. Il était 19 heures, nous n'avions plus qu'une heure avant l'arrivée des invités, nous avions donc le temps de nous coiffer sans nous presser.
«-Il nous reste une heure, c'est tranquille. Ça te dit je mets de la musique ?
-Une heure ? Ouais, vas-y, t'as ton iPod ou tu veux que j'aille chercher le mien ?
-J'ai le mien, t'inquiète. Il est dans mon sac, attends je vais le chercher, et puis je vais ranger mon maquillage par la même occasion, et récupérer mon fer à boucler, j'ai eu une trop bonne idée de coiffure, tu vas voir c'est génial. »
Je me dirigeais donc vers sa chambre et rangeais mon maquillage puis récupérais mon iPod et mon fer à boucler, ainsi que toutes mes affaires pour me coiffer. Je retournais dans la salle de bain, et la vis en train de chercher ses affaires sur ses nombreuses étagères.
«-Tu veux quoi comme musique ? lui demandais-je.
-Je sais pas, comme tu veux, t'as pas un truc qui bouge, genre du rock mais du bon rock, hein.
-Euh, j'ai pas beaucoup de rock, enfin si mais j'ai la flemme d'en écouter, ça te dit du Simple Plan ?
-Ouais si tu veux, mais vite, il nous reste plus que 45 minutes.
-Tranquille, 45 minutes, il faut que tu fasses quoi toi ? Moi, j'ai un chignon à faire et boucler quelques mèches, c'est tout, donc si t'as besoin, je t'aiderais.
-Moi, faut que je boucle mes cheveux, puis que je les structure avec un coup de laque légère, pour pas qu'ils partent dans tous les sens.
-Bin tu vois, on aura le temps. »
Nous branchâmes chacune notre fer à boucler sur une prise électrique, puis, en attendant qu'ils chauffent, nous chantâmes à tue tête pendant que je faisais mon chignon. Je commençais par une queue de cheval haute et bien tirée, en laissant une petite mèche de chaque côté pour pouvoir les boucler après. J'enroulais ensuite la queue de cheval autour de la base en mettant des pinces pour que le chignon tienne, puis maintenais le tout avec un élastique. Je décidais de mettre un filet, qui ne se voyait pas, et rajoutais quelques pinces pour qu'il tienne. Les fers étant chauds, je bouclais les deux mèches que j'avais laissées sur le côté et me tournais vers Diana :
« -Ça va ? C'est joli ? lui demandais-je.
-Mais oui, t'en fais pas ! Tiens, si tu veux tu peux prendre ma laque pour faire tenir les boucles.
-Ah ouais merci.
-Par contre, tu peux venir m'aider s'il te plaît, sinon j'aurais jamais fini à temps.
-Oui, j'arrive, laisse moi faire, je gère.
-OK, merci. »
Je me plaçais donc derrière elle, lui prenais le fer à boucler, et commençais à faire de ses cheveux lisses des jolies vagues qui descendait en cascade sur ses épaules. Je finis environ dix minutes avant l'arrivée des premiers invités, ce qui nous laissa le temps de tout ranger et de revérifier que tout était parfait .
La première personne à arriver fut Audrey, une amie que nous connaissions depuis maintenant six mois. Elle était accompagnée de Lola, Sabrina, et Alicia, toutes des amies connues cette année. Diana les invita à entrer et les débarrassa de leur sacs et leurs manteaux avant de les féliciter sur leur tenue. La musique était déjà lancée, elle rentrèrent donc rapidement sur la piste de danse improvisée pour la soirée. Les invités défilèrent, ils arrivaient en couple ou en groupe, comme les quatre filles, mais très peu arrivèrent tout seul. Je saluais tout le monde de manière mécanique, je pensais trop à lui. Diana m'avait dit l'avoir invité mais il ne lui avait pas donner de réponse très précise. Lui, c'est Blake, celui que j'aime mais qui ne s'intéresse pas à moi. Quand il arriva avec Romain, son meilleur ami, Diana ouvrit et m'adressa un sourire entendu avant de les inviter à entrer à l'intérieur. Ils étaient les derniers à arriver et le fête battait déjà son plein. Tout le monde dansait, parlait ou riait.
Trois heures plus tard, Diana lança le dernier slow, celui d'Aerosmith, que je savais un des préférés de Blake. Lorsque la musique commença, je vis tous les couples se mettre à danser, et quelques célibataires se retrouvèrent à danser avec des amis, qui deviendraient peut-être plus un jour. Je regardais Blake, qui cherchait quelqu'un du regard. Quand nos regards se croisèrent, il me sourit et se dirigea vers moi. Lorsqu'il m'adressa la parole, je crus défaillir.
«-Hey, ça va ? me demanda-t-il.
-Ouais, et toi ?
-Oui... Euh... je voulais te dire, que, euh t'es vraiment très jolie, habillée comme ça, reprit-il d'une voix mal assurée.
-Oh euh merci, répondis-je en espérant que la pénombre cacherait à Blake que je devenais écarlate.
-Tu danses pas ? reprit-il.
-Personne ne m'a proposé, donc pour l'instant, je reste ici, même si j'adore ce slow.
-C'est vrai ? Moi aussi ! Tu voudrais bien danser avec moi ?
-Oui, bien sûr. »
Dans ma tête, la réponse était plus « Si tu savais depuis combien de temps j'attends ça ! », mais je préférais une réponse plus banale, pour qu'il ne sache pas que mon cœur ne battait que pour lui. Nous nous dirigeâmes vers la piste de danse main dans la main. Je croisais le regard de Diana et lui souriais avant de me laisser aller dans les bras de Blake. Je profitais de chaque seconde car je savais que ce serait probablement la seule marque d'affection qu'il m'accorderait avant bien longtemps.
Nous nous connaissions depuis environ 2 ans mais je n'étais tombée amoureuse de lui qu'en début d'année. Nous nous étions beaucoup rapprochés, nous formions un petit groupe d'amis avec Diana, ma meilleure amie, Romain, son meilleur ami, et nous deux. Nous étions quasiment inséparables. Diana et Romain sortaient maintenant ensemble depuis cinq mois, ils étaient vraiment trop mignons, et cela n'avait fait que renforcer notre petit groupe de quatre. Les sorties tous ensemble s'étaient multipliées, que ce soit dans les parcs d'attractions ou juste au ciné, nous étions très proches. J'avais beaucoup parlé d'amour avec Blake et ce que j'avais réussi à en tirer, c'était que je n'étais pas son genre de fille, mais ce slow laissait une petite place au doute.
Lorsqu'il fut fini, il m'entraîna sur la terrasse de la maison. Il faisait nuit mais c'était la pleine lune, nous voyions donc clairement l'autre. Il n'y avait que nous, ce qui me rassura un peu, je n'aimais pas sentir le regard des gens dans mon dos. Il n'osait pas me regarder, son regard était fuyant, j'avais l'impression qu'il voulait dire quelque chose mais qu'il n'osait pas, comme s'il pesait le pour et le contre, lorsque, d'un coup, il me regarda dans les yeux et murmura :
« -C'était...magique.
-Oui, répondis-je d'une voix hésitante, puis, attrapant sa main, en le regardant toujours dans les yeux je me lançais. Cela ma coûterait peut-être cher, mais c'était maintenant ou jamais. Écoute, repris-je, c'est pas vraiment facile à dire, mais je veux que tu le saches... Je t'aime. Voilà c'est dit, je t'aime plus que tout, j'ai besoin de toi pour être entière, quand quelqu'un parle de toi, je souris bêtement, pareil quand je pense à toi, je suis triste quand je n'ai pas de nouvelles de toi. Je crois que je deviens folle, oui, folle de toi.
-Je pense qu'un geste vaut mille mots, dit-il, puis il m'embrassa. »
Son baiser était doux, j'avais l'impression d'être sur un petit nuage. Il recula trop vite à mon goût, alors je me collais contre lui, et l'embrassais langoureusement. Lorsque nos lèvres se séparèrent, nous étions tous les deux à bout de souffle, mais nous étions heureux.
Lorsque nous rentrâmes, une petite demi heure après être sortis, je vis que les invités commençaient à partir, et regrettais déjà de devoir me séparer de Blake, même si je savais que je le reverrais lundi, car nous mangions à la même heure.
Une vingtaine de minutes plus tard il ne restait que Romain. Il était châtain, mesurait environ un mètre soixante-dix et avait les yeux verts. Il ne ressemblait pas du tout à Blake, qui, lui, était brun, et mesurait environ dix centimètres de plus. Leur seul point commun était la couleur de leurs yeux et leurs corps bien fait, qu'ils devaient aux nombreuses heures de sport qu'ils faisaient ensemble. Blake et Romain devaient rentrer ensemble, et Romain voulait profiter des derniers instants avec Diana avant lundi. Lorsque Diana et lui nous virent main dans la main avec Blake, ils se doutèrent de quelque chose, puis, lorsque nous les raccompagnâmes, je fis la bise à Romain et embrassais Blake sur la bouche, ce qui finit de les convaincre qu'il s'était passé quelque chose. Dès qu'ils furent partis et que Diana eut fermé la porte, n'y tenant plus elle me demanda ce qu'il s'était passé :
« -Alors, raconte, raconte, raconte ! Je vous ai vus pendant le slow, puis je vous ai plus vu après, raconte !
-Calme toi ! Bon je te propose qu'on commence à ranger pendant que je te raconte.
-Ce que tu veux du moment que tu racontes !
-OK, bon, donc tu nous as vu pendant le slow, donc après on est sortis sur la terrasse, il m'a dit qu'il avait trouvé le slow magique, alors je me suis lancée, je lui ai dit que je l'aimais, et là il m'a embrassé, puis on est restés un peu dehors que tous les deux, on s'embrassait, on se faisait des câlins et tout et puis après on est rentrés et voilà.
-C'est tout ?
-Bin ouais, c'est d'jà pas mal !
-Oui, bien sûr, mais bon... Comme quoi tu vois, fallait pas perdre espoir, j'avais raison quand je te disais que j'étais persuadée que lui aussi t'aimait...
-Oui, mais c'est pas grave, c'est génial, c'est la Saint Valentin, et j'embrasse Blake pour la première fois ! Oh je suis tellement contente !
-J'avais pas remarqué, rétorqua-t-elle en explosant de rire. »
Nous rangeâmes toute la nourriture au frigidaire, puis nous nous préparâmes pour aller dormir car nous étions vraiment fatiguées. Le lendemain matin, nous étions réveillées à 10 heures et, immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner et s'être habillées, nous fîmes le ménage et enlevâmes les décorations. Nous venions de finir lorsque ma sonnerie de téléphone retentit. Je regardais l'écran et vis le nom de Blake apparaître. Je paniquais et lançais un regard affolé à Diana qui demanda :
« -C'est qui ?
-Blake, répondis-je.
-Bah décroche, t'attends quoi ?
-Je sais pas j'ai peur ! Tu veux pas décrocher et dire que euh, je suis sous la douche ?
-Non, tu décroches. Si tu lui parles pas tout de suite, quand est-ce que tu vas le faire ?
-Bon, OK. »
Je décrochais et entendit la voix de Blake, lointaine, dans le téléphone, mais qui me fit quand même fondre.
«-Allô ? Dis-je.
-Coucou Laurène, c'est moi, ça va ?
-Ouais et toi ?
-Ouais. En fait je t'appelais pour vous proposer, à Diana et à toi, de venir passer l'après-midi avec Romain et moi.
-On irait où ?
-Je sais pas trop, je me disais pourquoi pas un ciné, sinon un bowling, ou un laser game, comme vous voulez, en fait.
-Attends, je demande à Diana.
-OK.
-Diana, Blake et Romain propose qu'on se voit cet après-midi pour un ciné, un bowling ou un laser game, ça te dit ?
-Ouais si tu veux, mais un ciné, parce que je suis encore super fatiguée. En plus, le dernier James Bond vient de sortir et je l'ai pas encore vu.
-Blake ? T'es toujours là ?
-Ouais
-OK, donc Diana est d'accord mais pour un ciné, elle propose le dernier James Bond.
-OK, j'ai regardé tout à l'heure, il y a une séance à 15h45, je propose qu'on se retrouve là-bas à 15h30, ça vous va ?
-Diana, 15h30 au ciné pour la séance de 15h45 c'est bon ?
-Ouais.
-Blake ?
-Oui
-C'est bon pour la séance de 15h45.
-OK, bah à tout à l'heure alors, bisous.
-Bisous.
-Laurène ?
-Oui ?
-Je t'aime.
-Moi aussi.
-Diana, ça te dit on y va ensemble en bus ? J'avais prévenu mes parents que je passerais pas beaucoup de temps à la maison ce week-end, ils avaient dit d'accord, j'ai qu'à envoyé un SMS à ma mère et c'est bon.
-OK, attends je vais trouver les horaires de bus, envoie le SMS à ta mère pendant ce temps là, et on ira manger dehors, j'ai la flemme de faire à manger, en plus je suis pas sûre qu'il reste des pâtes. MacDo ça te dit ? Et on enchaîne direct avec le ciné ?
-OK mais il faut que je repasse chez moi, je dois poser des affaires et en récupérer d'autres. Toute façon j'ai les clés donc on passe quand on a le temps, OK ?
-Bon, t'envoie le SMS à ta mère, tu passes chez toi pour poser et récupérer des affaires et tu reviens, on va au MacDo et on prend le bus pour aller au ciné, si il nous reste du temps, on ira faire les boutiques. Faut que tu sois chez toi à quelle heure au plus tard ?
-OK, je dois être chez moi pour dîner au plus tard, donc vers 19h30, enfin si je rentre, sinon peu importe il faut que je sois rentrée à 22heures demain, pour que je puisse dormir chez moi avant de reprendre les cours... Ma mère est tellement flippée que je dorme pas assez... Bon, j'y vais, je reviens, j'en ai pour une bonne vingtaine de minutes je pense.
-OK, je vais voir les horaires de bus, à tout à l'heure.
Je passais donc chez moi, il n'y avait personne, et je refis vite mon sac. Je déposais ma robe et mes affaires. Je gardais mon maquillage et mon déodorant au fond de mon sac au cas où. Je récupérais de l'argent et le roman à l'eau de rose que je lisais. Je vérifiais que j'avais mes écouteurs, mon iPod et mon téléphone avant de laisser un post-it sur le frigidaire disant que je n'étais pas sûre de rentrer ce soir et que j'allais au cinéma cet après-midi, puis je prenais ma veste et fermais la porte à clé. Je mettais mes écouteurs pour le trajet du retour et retournais chez Diana.
-T'es prête ? lui demandais-je en rentrant.
-Ouais trente secondes, je finis de me maquiller.
-OK, je t'attends. »
Dix minutes plus tard, nous marchions en direction du Mc Donald's. À 15heures 20, nous nous dirigeâmes vers l'arrêt de bus. Le trajet de bus durait à peine 10 minutes, nous étions donc parfaitement à l'heure. Nous attendîmes les garçons devant le cinéma jusqu'à moins le quart, puis nous décidâmes d'appeler sur leurs téléphones. Diana appela Romain et j'appelai Blake. Aucun ne répondit, alors nous réessayâmes, seul Romain répondit. Je vis Diana pâlir eu fur et à mesure qu'il parlait. Lorsqu'elle raccrocha on aurait dit un fantôme. Je lui demandais aussitôt :
« -Qu'est-ce qui se passe ?
-C'est Blake, me dit-elle, il vient de se faire renverser par une voiture à deux rues d'ici, il est en très mauvais état, ils ont appelé les secours.
-Blake ? OK, cette question me coûte chère, mais euh, est-ce qu'il y a une chance qu'il ne s'en sorte pas ?
-Je sais pas, mais Romain m'a dit qu'il était inconscient mais qu'il était encore vivant. La voiture est partie. C'est juste à côté, on peut aller voir si tu veux, proposa-t-elle.
-Ouais, s'il te plaît. »
Nous courûmes donc jusqu'à l'endroit de l'accident. Nous entendions déjà les sirènes de l'ambulance au loin. Je m'approchais de Blake, sans le toucher -j'avais vu dans les films qu'il ne fallait surtout pas, que ça pouvait être dangereux- et lui parlais. Je lui chuchotais que je l'aimais, qu'il ne pouvait pas nous laisser, qu'il fallait qu'il se batte pour vivre.
Les ambulanciers arrivèrent, le mirent sur un brancard et nous demandèrent qui étaient les personnes les plus proches du blessé. Diana, Romain et moi répondîmes que c'était nous. Ils nous firent monter dans l'ambulance et essayèrent de ranimer Blake avec du bouche à bouche et un massage cardiaque. Il eut quelques secondes de lucidité, me regarda et prononça une phrase dont je me souviendrais pendant tout le reste de ma vie. Il prononça trois mots, trois mots qui influencerais sur toute ma vie ; il me regarda dans les yeux et me dit :
« -Je t'aime. »
Trois mots, c'est tellement et si peu à la foi. Mes larmes redoublèrent, je lui souris et lui répondit :
« -Moi aussi je t'aime. Tiens bon, je t'en supplie. »
Visiblement, mes paroles le touchèrent car il me sourit, puis, en rendant son dernier soupir, il prononça mon prénom. Alors, l'ambulancier s'affola :
« -Son cœur ne bat plus, il ne respire plus ! »
Quelques secondes plus tard nous arrivâmes à l'hôpital, les ambulanciers n'avaient pas encore réussi à ranimer Blake et mes larmes coulaient sans que je ne puisse les arrêter. Je regardais Romain, puis Diana et je vis qu'ils pleuraient aussi. Je demandais alors à Romain :
« -Ses parents sont au courant ?
-Oui, je les ai appelés mais ils étaient partis en week-end, ils m'ont dit qu'ils partaient immédiatement et qu'ils en avaient pour environ quatre heures de route.
-OK. »
Puis les ambulanciers qui avaient fait le chemin avec nous vinrent nous voire. Ils nous dirigèrent vers la chambre où Blake avait été installé. Un médecin nous y attendait, il avait l'air grave. Il nous demanda de nous asseoir et commença :
« -Qui êtes vous pour lui ?demanda-t-il.
-Je suis son meilleur ami, répondit Romain.
-Je suis une amie, répondit Diana.
-Je suis sa petite amie, réussis-je à articuler en pleurant.
-D'accord. Bon, nous n'avons que très peu d'informations sur lui alors je vais devoir vous demander son adresse et le numéro de téléphone de ses parents pour les prévenir, enchaîna le médecin.
-Nous avons déjà prévenu ses parents, mais je peux vous donner leur numéro et leur adresse. Ils étaient partis en week-end mais m'ont dit qu'ils rentraient quand je leur ai dit que leur fils avait été renversé par une voiture, répondit Romain
-D'accord. Il me faudra tout de même ces informations mais avant je dois vous dire ce qu'il en est. Je sais que c'est dur à entendre, et ça risque de l'être d'autant plus pour vous, mademoiselle, ajouta-t-il en me regardant, mais malgré les efforts des secouristes, votre ami n'a pas tenu le choc, la voiture allait trop vite, je suis désolé, mais il est mort. Je vous présente mes plus sincères condoléances.
-C'est pas possible ! Non, vous mentez ! Il n'est pas mort ! Non !m'écriais-je en fondant en larmes.
-Mademoiselle, je sais que c'est dur mais vous devez tenir le coup, ajouta le médecin.
-Ça va aller Laurène, me dit Diana en me prenant la main. Monsieur, est-ce qu'on peut le voir, juste une dernière fois, pour lui dire au revoir, ajouta-t-elle à l'attention du médecin.
-Je suis navré mais ça ne va pas être possible. Je pense que la meilleure chose à faire pour vous est de rentrer chez vous, éventuellement de rester ensemble si c'est possible et de vous soutenir dans cette épreuve qui va être dure pour vous tous. Je vais juste vous demander quelques informations sur lui et après je vous laisserai y aller.
-Allez-y les filles, je vais rester et je rentrerais chez moi après, dit Romain.
-Non, on va rester ensemble, tu penses que tes parents seront d'accord pour que tu passes la nuit chez moi ?
-Oui, si je leur explique ils accepteront.
-Voila, c'est réglé, on dort tous chez moi cette nuit et après on verra.
-OK, dis-je
-D'accord, ajouta Romain. »
Nous donnâmes toutes les informations au médecin puis nous rentrâmes en bus. Nous fîmes un détour pour que Romain récupère des affaires. Je ne voulais pas passer chez moi alors Diana me proposa de me prêter des vêtements. Je la remerciais et nous allâmes tous chez elles. Nous prîmes notre douche à tour de rôle puis nous mangeâmes un petit peu. Personne n'avait vraiment faim. Diana installa un autre matelas par terre dans sa chambre pour Romain et je gardais celui dans lequel j'avais dormi la veille.
Je ne dormis que très peu cette nuit là. Ses derniers mots me hantaient, ces derniers mots qui avaient été pour moi. Je pleurais beaucoup et même le sommeil ne fut pas une délivrance. La scène repassait encore et encore. Nous étions tous réveillés très tôt. Nous nous préparâmes puis, lorsque les parents de Diana rentrèrent, nous restâmes avec elle le temps qu'elle leur explique et nous rentrâmes chez nous.
Lorsque j'arrivais, ma mère m'attendait. Elle me prit dans ses bras et me serra contre elle de toute ses forces. J'en conclus qu'elle était au courant, ce qui m'arrangeait car je n'avais pas envie d'en parler. Je montais dans ma chambre et pleurais, encore et encore, jusqu'au moment où je m'endormis. Le lendemain matin, mon réveil sonna et je priais pour que tout cela n'ai été qu'un cauchemar mais à l'intérieur je savais bien que c'était réel. La vie poursuivit son cours, il y eut quelques marches blanches, beaucoup de monde me présenta ses condoléances mais rien n'y faisait, j'étais encore plus mal à chaque jour. Le jour de son enterrement fut le coup de grâce à ma douleur. Toute sa famille était présente, tous ses amis aussi, et j'eus du mal à garder ma douleur. Les gens cachaient tellement bien leurs émotions, très peu pleuraient, mais moi j'en avais marre, marre de cette souffrance, marre de ce vide dans mon cœur, marre de la vie.
N'y tenant plus, en rentrant chez moi, j'écris une lettre, ma dernière lettre.






A toute personne lisant cette lettre,
Vous avez peut-être déjà connu le grand amour. Si c'est le cas, alors vous comprendrez mon geste. Une fois qu'on a connu ce sentiment, il est impossible de vivre sans. Celui qui me faisait ressentir ça est parti, j'espère que le ciel l'a accueilli. Seulement, il n'est plus là et je ne supporte plus cette absence. J'ai essayé de me remettre de cette perte, je me suis battue, mais ma peine est trop grande, je n'y arrive pas. La seule chose que je désire c'est le retrouver, quel que soit l'endroit, et il n'y en a plus beaucoup. Nous étions unis dans la vie, je veux que nous le soyons dans la mort aussi, c'est pourquoi je renonce à ce don qu'est la vie. Je le fais pour toi, Blake, je t'aime, même dans la mort, je t'aimerais toujours.
Laurène.

Et n'y tenant plus, je pris un couteau dans la cuisine et je m'ouvris les veines du poignet gauche. La douleur fut vive mais l’espérance de revoir Blake était plus forte. Je m'évanouis au bout de quelques secondes. Je ne me souviens plus de rien après ça. J'étais morte, j'allais le retrouver, et je ne regrettais rien.

_________________
Il aimait la mort
Elle aimait la vie
Il vivait pour elle
Elle est morte pour lui
Shakespeare[center]
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