Critique de A la parole du Coeur
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MessageSujet: Critique de A la parole du Coeur   Mer 23 Mai 2012 - 19:02

Et une nouvelle page pour les critiques, venez étancher votre soif de sang mes amis !:p

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"Il y a, par nos yeux, toute la révélation conceptuelle de notre monde. il y a, par notre cœur, toute la révélation existentielle de ce monde."
Eris
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MessageSujet: Re: Critique de A la parole du Coeur   Mar 5 Juin 2012 - 19:13

Bon après plus d'un litre de coca, un bon film d'horreur, un moment de somnolence passé après encore un bon litre de coca, je trouve le temps et le courage de critiquer ton deuxième poème. J'ajoute que je l'avais déjà bien avancé avant que j'appuie sur THE sadiquetouche par inadvertance et en moins d'une seconde, toutes mes belles petites critiques avaient disparu de mon champs de vision. Résultat, une bonne crise de colère, quelques injures proférées amicalement et un premier litre de coca pour faire passer la déprime... (ne me demande pas combien je peux en boire par jour j'en suis incapable).
Bref, après toutes ces péripéties, me revoilà donc pour une deuxième petite critique :

Il y a-t-il, assoupies dans cette petite chambre
Aux profondeurs inaccessibles,
Quelques lettres ciselées dans la tiédeur de l’ambre
Aux susurrements inaudibles ?


Bien. Très bonne strophe. Tout comme ton premier poème, on est de suite capturé et mis dans l'ambiance. Tu maîtrises les introductions et les conclusions, ce qui n'est pas du tout le plus facile. La première permet au lecteur de comprendre le tonalité du poème, de lui donner l'envie de poursuivre sa lecture. Une introduction raté dépitera le lecteur, pouvant le pousser à arrêter sa lecture. J'en connais des gens qui n'ont jamais eu le courage de lire le Seigneur des Anneaux tellement l'introduction était longue ! Ce qui n'empêche pas qu'elle soit magnifiquement bien rédigée. Mais je m'égare là.
L'allitération en "s" m'a de suite sauté aux yeux. On sent bien l'ambiance mystique, comme un chuchotement délicat d'un conte qui nous serait peut-être narré. Un secret qui plane dans l'air.
Cette impression grandit avec la forme interrogative de ta première strophe, qui rejoint également le premier verset de ton premier poème. Tu aimes commencer tes poèmes par des "questions" ?
Pour la disposition : 14-8-14-8 ? J'ai beaucoup apprécié tes octosyllabes. Non seulement elles contribuent à faire planer ce coté "mystère", mais en plus elles sont très bien forgées. Le "inaudibles" alliés aux susurrements et le "inaccessibles" aux profondeurs prouvent déjà que tu maîtrises ton poème. De plus, les deux rimes entre elles donnent un côte libre et inatteignable. Quelque chose que l'on ne peut attraper.
Donc, comme je le disais, un bon début. Le seul petit hic, c'est que j'aurais mis une "," après "ambre". L'enchaînement des 2 vers me paraît trop précipité par rapport aux premiers.

Quelques silhouettes aux ailes d’encres et malhabiles,
Orées des terres angéliques,
Qui s’égaient à marcher, maladresse utile,
Sur des pierres et leurs rougies piques.


A nouveau tu nous ramènes vers cette dimension mystérieuse. Les "quelques" nous laissent dans le vague et les "silhouettes" ne donne que des précisions approximatives. Les termes "malhabiles" et "maladresse" dévoilent une légère hésitation, augmentant plus encore cette atmosphère.
J'avoue beaucoup aimé ton premier vers. Elle introduit parfaitement cette seconde strophe puisqu'elle rejoint la première. "Ailes d'encres" est un clin d'oeil aux "lettres ciselées" et l'union, bien qu'éloignée, de ces deux termes me renvoient plus encore le côté secret du poème. Comme une hésitation à le retranscrire en lettre. Ou, dans ce cas-là, en poème.
Les sons "é" et "è" apparaissent dans chaque vers de cette strophe. Tu joues habilement avec les deux, variant ces sons, les utilisant une fois sur deux ou à la suite. Ils donnent une certaine musique à la strophe, quelque chose de chaleureux, de doux, assez décalé par rapport au côté secret et mystérieux. C'est une combinaison assez étrange mais très plaisante, j'aime vraiment beaucoup. C'est agréable à lire.
De même, l'allitération en "l" est assez présente. Elle donne un rythme long, traînant, loin des tonalités rythmées et trébuchantes de "Ô si vieille Enfant". Elle fait durer le couplet un peu plus longtemps, laissant le lecteur passer à la suivante en douceur.
Le tout forme un mélange musical original mais très appréciable. Rien à redire sur cette strophe, qui est certainement celle que j'ai préféré.

Là-bas, loin, il y en a-t-il ?
Sur ces sentiers de graines fertiles ?


Pour ce verset je n'ai pas grand chose à dire. Il forme une coupure par rapport aux deux premières strophes. La forme interrogative contribue une fois de plus à garder une part de mystère sur ce début de poème. le lecteur, encore à demi sorti du deuxième couplet, se retrouve brutalement devant 2 vers énigmatiques qui le poussent à aller encore plus loin. Tu as bien choisi ton "break".

Et si, dans le miracle de tes yeux reposés
Qui encore me sont inconnus,
Il est assez de ces contours fins et encrés
Pour trouver en mon cœur charnu

L’espoir
D’y voir
L’espoir,


Ah le fameux "Et si". Dans mon esprit, le "et si" a toujours permis à mon imagination de s'amuser un grand coup. Ouvrir cette strophe par cette expression met immédiatement le lecteur dans l'attente. Tu ouvres une supposition, une réalité qui pourrait exister comme elle ne le pourrait pas. Le doute plane, la volonté que cette hypothèse soit réelle est forte. Le suspense entre en place, le secret demeure entier bien que cette ouverture permette au lecteur de lever un bout de ce voile brumeux présent dès le début.
Tout comme la 2ème strophe, "contour" est un mot vague, rejoignant le terme "silhouette". Le lecteur ne distingue que des formes. Des formes vagues, obscures, "encrées". Avec ce dernier terme, tu nous transporte à nouveau vers les "lettres", l'écriture, le poème. Bref, une strophe encore pleinement réussie, qui fait avancer le lecteur dans sa compréhension du poème.
L'allitération (oui tu as du remarqué que je les aime bien^^), en "qu" est très intéressante. En la lisant, j'ai senti cette strophe plus agressive que les autres. Ceci combiné au "et si" est comme un cri désespéré, un appel au secours. Le son "qu" marque le verset, place un rythme appuyé, agressif, claquant. Désespéré de trouver, comme le montre la suite, "l'espoir", mais pourtant très déterminé.
Pour terminer, passons à tes dissyllabes. Très bon effet de style. Tu chutes bien tes vers. Après avoir tenu en haleine le lecture, modifiant de ce fait le rythme imposé lors de tes deux premières strophes, tu consens enfin à répondre à un bout de la question. Tu gardes toutefois un léger suspens en nous le dévoilant qu'au travers une autre strophe.

C’est peut-être qu’alors ces enfantins dessins
Grossièrement colorés
Recèlent les pigments de tes déchirées mains
A la raison de tes pensées. »


Tu commences très bien ce couplet. Une supposition, une hypothèse, un espoir, rejoignant de ce fait la précédente strophe.
Je retrouve ici l'alliance de l'alexandrin et de l’octosyllabe. Dans ces trois premiers vers, l'allitération en ''s'' est très présente, toujours ce petit susurrement, ce léger mystère en partie levé. J'aime beaucoup cette strophe parce que ton dernier vers se détache des autres. Les trois premiers forment, à mon goût, une parfaite harmonie, une sorte de concordance musicale et mélodieuse qui se termine par un dernier coup de batterie, sûrement causée par le son ''on'' que l'on ne retrouvait pas de toute la strophe.
J'avoue que sur le coup, je n'ai pas fait attention au « ». Ce n'est qu'après une autre relecture que ce détail m'a frappé. Déjà en lisant la première fois, j'avais la sensation d'une lettre écrite. Cette sensation s'est transformée en affirmation lors de ma deuxième relecture. J'apprécie d'autant plus le dernier vers de cette strophe, comme la conclusion d'un hymne, marquant le point d'un, peut-être, ''premier paragraphe'', lors de cette lettre. Très bien menée, vraiment bravo.


Un soupire,
Lettre qui tire.


Même si je n'apprécie pas particulièrement la mélodie de ce verset, je félicite toutefois sa structure. D'abord les points de suspension. Une pause, un moment de réflexion, de reprise. Puis le soupire. A cet instant, j'avais vraiment la vision d'une silhouette assise derrière son bureau, rédigeant sa lettre, marquant quelques pauses, les yeux dans le vague comme perdus dans ses pensées, puis soupirer et repartir à la charge de cette rédaction. Ton dernier vers est très particulier. On peut sentir une légère amertume, un soupçon d'ennui, d'impatience, de malaise. Beaucoup de sentiments en un vers.
C'est également l'ouverture vers l'autre partie de cette lettre, qui sera malgré tout terminé.
Donc, d'un point de vue mélodique ce n'est pas ce que j'ai préféré, mais pour ce qui est de la structure, du contexte et du maniement de ton poème en général, j'ai trouvé ça particulièrement bien ficelé.

« Il y a-t-il, recroquevillés dans cette pièce
Aux recoins derrières des voiles,
Quelques mots faits de ces lettres, ces prophétesses
Aux muettes voix qui se dévoilent ?


Retour donc vers cette lettre, dont le second paragraphe reflète la première strophe du poème. Retour vers cette impression indistincte et floue, mise en avant avec ''voiles'', ''recoins'', ''recroquevillés, ''muettes''. De nouveau une brume vient s'abattre sur le lecteur, le ramenant vers les impressions du début du poème. Un retour un arrière, un brin de nostalgie mélancoliques.
De nouveau le lecteur peut constater la dextérité avec laquelle tu manies la langue française en jouant avec le ''voiles'' et ''dévoilent''. Une brume qui, contrairement à ta première strophe, ne manque pas de se lever aussi soudainement qu'elle est apparue, tout en ne ''dévoilant'' pas tout, justement. Ton dernier vers est également un chevauchement de plusieurs paradoxes. Les voix ne sont pas censées être muettes et la particularité des prophétesses est de justement parler par énigmes, donc de garder des voiles. De plus, je trouve ce vers joliment tourné. Les prophétesses aux muettes voix s'accordent parfaitement bien.
On retrouve également une petite allitération en ''q'', révélant une rapidité, une ''impatience'', non ressentie lors de ta première strophe mais qui rejoint les points de suspensions, le soupire et l'impression d'une longue lettre à venir présent dans ton tercet.

Quelques êtres aux ailes de chairs et d’encres habiles,
Promesses des contrées fatidiques,
Qui contemplent les rivages, adresse inutile,
Sur des nuages ô lunatiques.


De nouveau le reflet de ta deuxième strophe. Le ''quelques'' redonne cette impression floue. Néanmoins, le poème se concrétise. La ''chaire'' est une matière palpable, connue de tous, l'encre malhabile deviennent ''habile'', traçant sur leurs sillages des promesses qui n'étaient que sous-entendues vers la fin du premier paragraphe. On sent également la lettre toucher à sa fin, on aperçoit les ''rivages'' des dernières lettres, la limite ''fatidique'' de la feuille, témoin des ''promesses''.
J'ai particulièrement aimé l'association de ''adresse inutile''. En premier lieu, elle rejoint ta ''maladresse utile''. Tout en signifiant la même chose, elle donne toutefois un côté plus positif, rejoignant de ce fait les ''promesses et ''l'espoir'' présent dans ton poème. Cependant, j'y ai également vu un deuxième sens, qui s'associe cette fois-ci aux ''contrées fatidiques'', ''rivages'' et au côté mystérieux du poème, si on décide de prendre ''adresse'' au sens premier du terme. L'adresse, c'est-à-dire, l'emplacement de ces rivages, qui n'a pas besoin d'être connu.
Enfin je terminerais sur la notion de nuages, qui a, selon moi, un côté apaisant, de part leur légèreté, leur douceur et leur lenteur. Véritable contraste donc avec l'impatience de la strophe d'avant. Toutefois tu ne laisses pas le lecteur se remette de cette impression. En incorporant le ''lunatiques'', tu rappelles à quel point le ''vent'' tourne. Donc que même des promesses peuvent changer. Tu laisses le lecteur sur sa faim, une ouverture vers ton autre strophe, le mettant en garde que tout peut changer.

Là-bas, loin, il y en a-t-il ?
Sur ces brumes de fleurs indociles ?


Tout comme avant, je n'ai pas grand chose à dire. Ce début, bien que différent au niveau de l'atmosphère, est une copie structurellement similaire au début de ta lettre. On retrouve cette coupure, cette notion de secret, d'éloignement. Loin, comme la lettre qui ne semble pas avoir de fin. ''Là-bas'' impose tout de même une limite, et de nouveau je vois le bout de la feuille, comme si on s'approchait de la fin de la lettre.
Comme dans tout ton poème, il y a cette impression de nature, avec la fleur, qui me fait également penser au tracé de tes mots, de tes lettres, des tâches d'encre. Bref, pas grand chose à dire donc.

Et si, dans la folie de tes oreilles sourdes
Qui encore point ne m’entendent,
Il est assez de ces grandes euphories qui hourdent
Pour trouver en mon cœur légende,

L’espoir
D’y voir
L’espoir,

Comme je l'ai déjà dit, le ''et si'' ouvre directement les portes de l'imagination, de l'attente. Une supposition, un espoir. Après les ''voix muettes'', on retrouve les ''oreilles sourdes''. Un appel, une attente impatiente. Les ''oreilles'' t'entendront un jour. On ressent cette impatience, comme s'il était encore trop tôt, mais que ce jour viendra. Cette impression se renforce également avec tes dissyllabes. Tout comme avant tu chutes bien ton poème, en reformulant ce désir déterminé, cet appel désespéré déjà présent dans ton premier ''paragraphe''. Toutefois, contrairement à précédemment, le rythme n'est pas le même. Le ''qu'' a fait place au ''en'', donnant cette fois un côté répétitif, long, comme ennuyé, ou plutôt fatigué. Fatigué d'attendre cet espoir mais tout de même résolu à le trouver.
Pour terminer, j'ai bien aimé l'emploi de ''folie'' et ''euphorie''. Jolie rime dans la strophe. Les deux sont assez complémentaires et renvoient en général un sentiment plutôt joyeux, alors qu'ici ils sonnent comme un poids, quelque chose qui entraîne vers le bas. Quelque chose de subis, de lourd à porter. J'ai beaucoup aimé ce paradoxe d'impression.

C’est peut-être qu’alors ces mâtures esquisses
Fiévreusement ébauchées
Cachent les fragments de ton trop honteux pubis
A la froidure de tes pensées. »


Je me répète sûrement ou j'ai l'impression d'avoir passé ma critique à le dire mais cette strophe fait sans doute partie de celle que je préfère. On y ressent une certaine agressivité de part les mots, mais le ton de la strophe reste doux, comme une résignation. C'est vraiment original et j'ai aimé ce contraste entre le champs lexical et le ton.
On voit le côté ''fini'' dans cette dernière partie. La lettre se termine, d'où les « » et pourtant on sent bien qu'elle est incomplète. Ici la supposition, par le ''peut-être'' laisse encore le lecteur sur sa faim. Cette strophe, plus ''adulte'', mâture, semble être la métaphore de l'adulte qui né, vieilli et meurt, tout comme cette lettre touche à sa fin. Mais j'expliquerais plus en avant cette impression une fois la décomposition terminée.



Un long soupire,
Lettres qui tirent.


Même chose que la dernière fois. Une pause dans la lettre, un moment de réflexion, un soupire plus long cette fois, montrant l'achèvement imminent de cette lettre, et les ''lettres'' qui ''tirent'' vers la fin. Il n'est plus question de la lettre en général, mais on revient vers les ''lettres'' du début du poème, ces ''lettres'' qui forment la ''la lettre'', qui s'étire pour ''dessiner'' des mots, ''esquisser'' des phrases, s'acheminant lentement vers une conclusion fatidique, mais toutefois bienvenue bien que redoutée. Un incroyable mélange de sentiments diverses, mais tous tournés vers un même but commun : la finalité.

« Au-delà des corps et toutes leurs humeurs frivoles
Est, du cœur et des songes, la pure parole
Décorant cette minuscule salle, mais tant folle,
De plus grandes pièces alors qu’elle prend son envol. »


On sent immédiatement la chute du poème car cette strophe se détache véritablement du poème. En la lisant j'ai eu la vision d'un immense oiseau aux ailes noires, se détachant de ses chaînes, de ses mots qui le maintenait au sol, pour déployer ses larges ailes et parcourir enfin le ciel, vers sa liberté. Bon je divague sans doute un peu trop mais je fonctionne beaucoup aux images que me renvoie les poèmes. Comme je le disais, on sent la finalité du poème. Pour revenir à cet oiseau, on sent la libération de ''l'auteur'', de cette main qui écrivait cette lettre visiblement interminable. Entre tes lignes, on revoit les autres strophes défiler devant nos yeux. Ces ''voix muettes'', ces ''silhouettes'' indistinctes, ces ''rivages'' sans fin, ces ''ailes'' emprisonnées. Mais les ''voix'' retrouvent la parole, ''les rivages'' dévoilent leur limite, ''les silhouettes'' se transforment en ''corps'' et les ''ailes'' se déploient une bonne fois pour toutes. On voit cette ''petite salle'', telle une prison, s'agrandir au fur et à mesure que l'oiseau se prépare à partir, à toucher le ciel, comme si nul obstacle ne pouvait plus l'arrêter.
De plus, l'enchaînement de tes rimes féminines, accentuent de plus belles cette ouverture d'esprit. Comme mère Nature, ou dame Liberté, elles laissent traîner le ''o'', le gardant bien ouvert, tout en y ajoutant un petit ''l'' qui ajoute un petit côté libérateur et euphorique.


Un silence,
Une Vie rance.


Et voilà le dernier couplet. Un retour à la réalité, un clien d'oeil au précédent tercet. Et un choc brutal. Après l'impression libératrice du précédent verset, tu nous ramènes vers le restant. Vers le vide, le ''silence'', l'amertume de ce qui reste. Alors que l'oiseau est parti, que les chaînes ont enfin été rompues, la ''pièce'' agrandie demeure vide. Les lettres ne s'étirent plus, elles ont touché leur finalité, ont explosé sous la pression de la liberté. C'est le retour aux chaînes, un nouvel instant de pause, l'écoute attentive du silence, la vision d'une réalité vide et le goût amer de ce qui reste.

Voilà, j'ai fini la décomposition (saute de joie). Je préfère pas dire combien de temps ça m'a pris, mais j'ai plus de doigts, ça je peux te l'assurer.
Ce poème était très différent au précédent. On voit enfin que ton style a beaucoup évolué, mais tout en restant le même. Oui je sais ça paraît bizarre dit comme ça mais en le lisant, j'aurais pu deviner aisément qu'il était de toi. Ton style aura beau progresser (ce que je te souhaite), il n'en demeurera pas moins le ''tien''.
J'ai préféré ce poème à l'autre. Beaucoup plus riches, plus inattendus, plus d'émotions. On y ressent la progression. Un commencement en douceur mais prenant, une deuxième partie de lettre un peu plus agressive pour se terminer finalement vers la liberté. Un appel à l'espoir, à la liberté, une attache à la réalité. Je me sentais comme prisonnière du monde réel, et que les ailes de mon imagination se débattaient avidement, désespérément, pour toucher enfin l'infini. Doucement d'abord, puis de plus en plus furieusement, comme impatientes de se voir enfin libérées.
La mise en abîme est particulièrement bien menée. Le lecteur se voit dans la lettre, il a l'impression de l'écrire, ou de la lire, se pausant au moment où tu le choisis avec tes tercets, soupirant avec toi, ressentant la longueur lorsque tu l'écris, pour se replonger de nouveau dans sa lecture.
Comme toujours, et même si je te l'ai déjà dit, je répète que tu manies très bien tes introductions et tes conclusions. Cette conclusion est captivante. Elle est à la fois innovatrice, sortant le lecteur du côté répétitif du poème avec ton avant-dernière strophe, l'amenant à ressentir une palette d'émotions qu'il n'avait pas eu le plaisir de goûter au commencement de la lecture. Elle est également fidèle au poème, car tu ramènes le lecteur vers sa réalité, vers l'obscurité, les silhouettes indistinctes et cette atmosphère mystérieuses et floues dans lequel tu le mets depuis le début. C'est donc un bel ascenseur émotionnel, si je puis m'exprimer ainsi, et c'est de nouveau la preuve de ton bon maniement du poème.

Je m'arrête là pour aujourd'hui, je vais sans doute prendre rendez-vous avec le médecin parce que mes doigts ne ressemblent plus trop à des doigts et mon cerveau va bientôt exploser ! Bref, bonne continuation, Reck', c'est avec plaisir que je lirais tes autres poèmes. Pardonne-moi si je ne m'attarde pas trop sur ton prologue. Je l'ai lu, il est super, mais je suis pas trop douée en critique de roman. D'un point de vu constructif je veux dire^^. Enfin j'essaierais quand même de t'en pondre une !

P.S : désolée pour les fautes, je n'ai vraiment pas le courage de me relire >,<
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MessageSujet: Re: Critique de A la parole du Coeur   Lun 11 Mar 2013 - 21:14

Ton style est très agréable à lire, j'ai beaucoup aimé ton poème.

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Il aimait la mort
Elle aimait la vie
Il vivait pour elle
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MessageSujet: Re: Critique de A la parole du Coeur   

 
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