Vïlyss I, L'Eveil [Fantasy]
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MessageSujet: Vïlyss I, L'Eveil [Fantasy]   Jeu 24 Mai 2012 - 22:29






Prologue : L’Unique, Tël Nephüs
Verset I : L’Eveil


L’Astre flamboyait haut dans le ciel. Il illuminait de toute une éternelle splendeur les Terres Arides de Raëlk. Une légère brise soufflait, et, telle un fin voile blanc, emportait avec elle la fine poussière des terres desséchées. Il y avait ça et là quelques magnificences naturelles, bercées dans l’ardeur des lieux, fourbues dans leur stature, mais qui bien persistaient. Quelques plantes. Une rare végétation qui, de son étonnante vaillance, rappelait l’Éminence de la Nature. Et au centre de cet endroit, telle un sépulcre oublié, était une roche immense, grisâtre, de quelques gris pics hérissée, et pavoisée d‘une teinte cosmique. A sa fondation, reposait un être nu, qui s’était endormi sous une ombre étendue, et reflétait désormais tant de brins d’or des nues. Là, berçant le désir de son avenir dans les illusions de son sommeil, était L’Unique.

L’Astre, haut dans le ciel, flamboyait de plus d‘ardeur. De douces paupières s’épanouirent alors… Elles révélaient, au fur et à mesure de leur lente escalade, deux yeux, parfaits, sertis des plus précieuses émeraudes et savourant d’une extrême langueur les fins éclats de la Matrice d’Or. Un être respirait tendrement, assoupi encore… Son souffle inaudible se mêlait aux lyriques venteuses qui, émerveillées, déposaient sur la belle nudité d’infimes particules, et chacune d’elles, époustouflées, dansait à la lueur d’un rayon avant de s’en aller, heureuse, dans le flot du vent. Un visage se délivrait des charmes d’un calme confort… Il se dessinait vertueux, puissant, précis, immaculé entre les pourtours bruns et ondulés d’une chevelure si longue qu’elle se mélangeait à l’essence de la terre. Parfois, brièvement, se précipitaient sur le si beau visage, apportant une couleur nouvelle, distillant de nouvelles passions, quelques rubans de ces beaux cheveux dans un élan de joie venteux, et s‘en retournaient à son berceau afin d’embrasser derechef son originel bonheur. Ensommeillé dans une couche aux chatoiements d’or, L’Unique s’éveillait dans un passionné décor…

L’Astre, précieux et paisible, poursuivait de ses innombrables bras sa chaleureuse élévation en l’infini cosmique. Il posait, sur un être abandonnant la spirituelle richesse d’une torpeur tranquille, une filigrane affinée et insaisissable. Cette merveilleuse œuvre enroulait, dans la symbiose resplendissante de la terre et de l’au-delà, la sublime et charnelle création. Et cette somptueuse création, dans la grandeur atypique de sa constitution svelte ainsi que dans l’impétuosité de ses muscles saillants, du seul soutien de ses jambes s‘élevait. Puissante, élégante, patiente, elle parcourait l’air. S’envolaient dans les doux bercements du vent, étincelant si vivement d’une teinte pourtant si légère, les petites pierreries. Majestueux, attirant, intriguant, apaisé et imperturbable, l’être se levait. Dans les soins amoureux du vent, dans l’ombre lumineuse de l’Astre, ses pieds ressentant la colère forte d’une terre désolée, L’Unique était debout.

Son éveil, d’une grâce indicible, exaltait la douce quiétude de ces étendues si épuisées d’un malheur ineffable. L’être, d’un charme mystique, apposait alors sur les tourments de ces contrées une joie qui, pareille aux merveilleux miroirs de l’ondée lorsqu‘elle fût en le ravissement de l‘une de ses processions, ne cessât de confier dans les murmures de ses origines quelques vœux de sa genèse. L’être pur, de sa présence impérieuse, accordait à ces lieux les saveurs délicates de la félicité. Les tendres chuchotements du vent le choyaient, chantant en louanges ce réconfort inespéré. L’Unique, des mélodies de son âme ébahie, lénifiait la frustration façonnée en la fournaise des misères de ces terres. Les rivages de ses lèvres, paisiblement, se mouvaient en la précieuse esquisse d’un heur immuable. L’Unique, des exhortations de son âme assagie, absolvait les maux de ces contrées éprouvées.

Transcendant calmement sa si sereine vivacité et, à sa véhémence, murmurant des secrets puissants, le vent indocile en ses cesses invisibles proférait ses supplices tourmentés et susurrait ses caprices inaudibles. Alors enroulant et emmêlant, de ses humeurs en l’enfance d’une pure essence, les si nombreux fils de la chevelure dont les tons saisissant paraient même les chaleurs astrales, le vent de son inestimable vigueur agrippait de ses doigts vigilants les contours de la peinture souriante et en amplifiait un peu plus l’apaisante joie. Le vent, dans une mouvance sinueuse, s’échappait silencieusement vers des contrées dont point il n’avait de las à en honorer les souvenirs dans les instants de ses pas enjoués, et racontait de ses épopées les périls et tant d’autres incongrus évènements. A ces contes fabuleux, que prononçait en de limpides mélodies le vent tonitruant, se joignaient, animés par la présomptueuse témérité d’une fierté innocente, quelques minuscules bijoux de terre forgés et emportés, ainsi un consciencieux auditoire, par cet infini souffle parfois trop empressé.

Ces témoins de contrées inconnues peut-être, dans ce long bouleversement, dispensaient d’incroyables histoires et se revêtaient d’un mystère ancestral si désiré et tant convoiteux. Et peut-être, dans ces extravagances mémorialistes, d’une rustre colère se peignaient-ils un visage effaré lorsque que des êtres se refusaient à une honnête écoute de ces savoirs infatués. Peut-être fut-ce ceci qui, aux alentours des jambes à l’Astre exposées, provoqua la furie d’une terre si avare, tant qu’elle en était privée d’une profonde vitalité. Les petites pierres, si minuscules, s’entremêlaient en une si fine et épaisse peau d’une couleur si chère à la terre dont les draps, soyeux et agréables, imitaient les lueurs astrales. Cette enveloppe s’élevait en les exclamations du vent, et d’un envol langoureux et paisible, survolait les charnelles provinces de l’être nu. Cette soie encore imparfaite, tant elle endurait les absences de maints haillons, l’entourait alors, mais elle ne parvenait point à priver les cieux de leur possession.

D’une allure souveraine et perpétuelle, le suzerain du firmament réclamait, aux yeux de l’être, l’offrande de ses infinies illusions. Ô qu’elle fut étrange cette ombre, ces grains sombres qui, en leur maturité, sculptassent un corps qu’emplissait une rouge verve ! Qu’elle semblait disgracieuse ainsi assiégée par tant de prurits de courroux ! Au-dessus des atours si blancs, dans le vent fougueux, flottait la peau d’un si craintif sol et, dans sa connivence souillée de l’imperfection, elle enlaidissait tristement le sublime de cette vie respectée. Cette auguste vie qui, par son réveil, eut chuchoté l’effroi d’un départ et incité ces provinces pathétiques et peinées à tisser l’enclave la plus majestueuse. Une enclave de terre et de superbe ! Une enclave qui point n’aveuglait et qui, même, accordait la vue que conféraient quelques bontés cosmiques ! Une enclave qui, point insouciante, versait des larmes à la beauté cristalline ! Pourtant, l’envoûtant sourire ne connaissait point de conclusion à ses sorts…

Fut-ce cette terre qui, dans la fureur d’une prémonition précipitée, eut mandé quelques infimes et coléreux messagers et qui, désormais, larmoyait ce liquide aux attraits cristallins et précieux ? Les sanglots, calmement, s’échouaient sur les avares contrées. La fine toile de pierres minuscules, alors que ses pleurs si durs et si drus s’échappaient vers leur pardon, expiait ses fautes ainsi que ses remords et se parait, dans une supplication parfaite vers ces cieux suprêmes, d’une teinte invisible. L’étoffe ne formait plus cet obstacle vain contre l’Astre aux provinces d’Or. Ô en elle avait accompli une sage compréhension ! Elle paraissait d’ornements si purs. Elle paraissait tel un drap que l’on eût, dans le souci d’une facture aux apologies astrales, préservé d’une quelconque aspérité. Ô plus elle ne subissait de rupture ! Enfin elle était une. Ce tissage composait, dans les accords somptueux d’une mélodie naturelle, les atours d’une peau nouvelle que parcouraient, dans une grâce languide, quelques délicates et aigües et limpides veines. Ces ruisseaux de vie promenaient la promesse d’une éternité en cet étrange et sublime écrin. Le vent lui-même, malgré ses emportements soudains, était loué de pouvoir traverser les rivages paisibles et fusionnés, là où nulle horreur ne venait percer d’imperceptibles abysses pareils à ceux qui parsemassent les chairs éphémères.

Ô, de sa tendresse lascive et curieuse, elle s’approchait des blanches étendues. Ô, de sa vénération fureteuse et éprise, la cristalline membrane de la terre parvenue étreignait la chair immaculée. Elle se faufilait en toute alcôve, n’ignorait point le moindre secret de la moindre cachette du plus infime abysse de ces contrées charnels. Elle enroulait précieusement, de sa teinte brillante, de ses constellations étincelantes, chaque élégant fil de la dansante chevelure et, de celle-ci, en forgeait une parure qui séduisait le cosmos. Elle recouvrait doucement le visage si ravissant, et sur la fine couche séparant les yeux, et leur verte pierre, de leur vision elle avait tissé une soie qui ne brisait guère la plus chétive des grâces astrales et permettait de s’aventurer plus précisément dans les horizons et leurs horreurs perpétuellement floues. Elle avait aussi composé tel charme sur les bordures d’une élancée rougeur, et celles-ci, lorsque parfois elles s’étiraient dans le souci de la vie, étendaient entre-elles une paroi cristalline moins épaisse que le souffle qu’elles arrachaient. Elle déposait, de cette même affection particulière et saisissante, sa si belle et presque imperceptible peau sur les charnelles provinces. Et, avec plus de soin encore, elle étendait autour du domaine inestimable qu’embellissait un pouvoir divin, celui d’offrir la genèse, une étoffe plus solide et plus impérieuse. Ô point n’avait été oubliée une quelconque parcelle. Ô tout, ce corps si pur, était sous l’amoureuse emprise d’une inquiète terre.

Les ruisseaux s’unissaient, dans la magnificence de leur courant invisible, au-dessus, sur la lisse poitrine, du cœur en la forme d’une fourchue et fougueuse frondaison et ne cessait de voguer sur cet océan transparent ainsi quelques torrents de feuilles et de graines éternelles. L’Unique, d’une beauté sans égale, souriait toujours d’un mystère intriguant...



PS : Il s'agit de la première partie, du premier verset sur les quatre du Prologue. Vous avez donc là l'introduction de l'introduction. Pour plus de magie, plus d'émotion je vous renvoie à l'écoute de La Dryade par Gris, ainsi qu'à une lecture orale pendant le déroulement de cette dernière Smile. En espérant que vous passerez un agréable moment Smile

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"Il y a, par nos yeux, toute la révélation conceptuelle de notre monde. il y a, par notre cœur, toute la révélation existentielle de ce monde."
 
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